
Depuis le 28 mai, des ballons remplis de détritus sont régulièrement envoyés par la Corée du Nord en direction de la Corée du Sud. Cela fait ainsi la 31ème fois au 17 novembre que des ballons poubelles sont envoyés par la Corée du Nord. Selon la JCS, l’état-major interarmées sud-coréen, la Corée du Nord aurait lâché plus de 500 ballons poubelles en deux jours.
Ces ballons n’ont présenté jusqu’à présent aucun élément très dangereux et contiennent principalement des feuilles de papier, des ordures … Selon la police et l’armée, aucune trace de substance radioactive ou dangereuse n’a été détectée.
Néanmoins, ces envois constituent une menace sécuritaire pour la Corée du sud, et mettent en exergue la relation tendue entre les deux pays. Pour la Corée du Nord, l’envoi des ballons poubelles constitue une arme de provocation peu chère par rapport à d’autres armes.
Le 21 juillet dernier en plein jour, des piles de feuilles de papier ont été découvertes éparpillées à plusieurs endroits du palais Deoksugong, en plein coeur de Séoul. Vers la place de Gwanghuamun, un automobiliste a aperçu un ballon poubelle tomber juste devant sa voiture alors qu’il conduisait. Ces ballons poubelles auraient pu ainsi causer des accidents graves, notamment parce qu’ils ont atterri dans des sites très fréquentés par la population locale et les touristes. Dans les aéroports de Gimpo et d’Incheon, les ballons poubelles ont plusieurs fois été la cause de problèmes d’atterrissage ou de décollage des avions.
Par ailleurs, un ballon poubelle nord-coréen a volé jusqu’à l’enceinte de la résidence présidentielle à Séoul quelques jours plus tard. Il est déjà arrivé dans le passé qu’un ballon poubelle atterrisse près de la résidence présidentielle, mais c’était la première fois qu’un ballon se retrouve dans l’enceinte même de la résidence. Le gouvernement a déclaré que le ballon n’a pas été tiré en plein vol, de crainte qu’il ne cause davantage de dégâts s’il explose dans le ciel.
Le problème de la sécurité intérieure a ainsi été relevé par l’opposition, critiquant le gouvernement de négliger la sécurité des citoyens et de laisser des ballons potentiellement dangereux voler dans l’espace aérien du pays. L’opposition a par ailleurs souligné l’irresponsabilité du gouvernement de prôner la liberté d’expression de l’association des réfugiés nord-coréens en Corée du Sud. Cette association a été accusée d’envoyer des tracts de propagande en Corée du Nord. Ces messages constituent une source de tension pour le voisin du nord, qui voit ces tracts comme de la provocation et qui répond par l’envoi de ballons poubelles.
Quelle est la réponse de la Corée du Sud face aux ballons poubelles nord-coréens ?
En réponse aux provocations de la Corée du Nord et après plusieurs mises en garde, la Corée du Sud a entrepris d’intensifier le niveau de réponse et a diffusé des messages de propagande dits “la voix de la liberté” sur tous les hauts-parleurs militaires situés sur les fronts entre les deux pays. Ces messages, diffusés sur un rayon de 10 à 30 km, mettent notamment en avant des enregistrements tels que la récente désertion d’un diplomate nord-coréen, de la K-pop, ou un accident en Corée du Nord qui avait causé la mort de plusieurs militaires nord-coréens lors de l’installation de mines explosives.
Le but de ces diffusions est de semer l’agitation parmi les soldats et les citoyens nord-coréens, en émettant des communiqués qui n’auraient jamais été diffusés par le régime. Les messages de propagande comportent des messages tels que “Fuyez cette vie d’esclave qui est semblable à une vie en Enfer”.
La JCS a condamné les actions de la Corée du Nord, les jugeant “dégoutantes” et “de bas niveau”. L’état-major des interarmées sud-coréen a également mis en garde que les actions nord-coréennes auront des conséquences fatales et que la responsabilité se porte entièrement sur le gouvernement nord-coréen. La JCS a ajouté que l’armée sud-coréenne, en étroite collaboration avec l’armée américaine, surveille de très près les actions de la Corée du Nord.
La Corée du Nord a quant à elle menacé d’envisager de nouveaux moyens de provocation si la distribution de flyers sud-coréens se poursuivait.
Sources : Asia Times, Digital Times, Reuters